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CAFOB, LIGUE ITEKA, CECAB, OAG, FORSC, CCOD, CIRID, ABUCO, COMIBU, COR BURUNDI, MPB, DJCD, RFP

BURUNDI-ELECTION

La COSOME publie son rapport 2009 de monitoring des principes démocratiques au Burundi


16 décembre 2009

Bujumbura, le 15 décembre 2009(COSOME)- « Malgré la mise en place d’institutions issues des élections libres et transparentes de 2005 et la campagne d’éducation civique menée par la COSOME depuis 2004 au profit de différents groupes, les défis dictés par le contexte socio-politique et les retombées de la guerre civile se font encore sentir avec acuité à la veille de nouvelles échéances électorales de 2010 », souligne en substance le rapport de monitoring des principes démocratiques au Burundi défendu, le 11 décembre 2009, par le président de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral, JMV Kavumbagu, devant un parterre de représentants de la société civile, ceux des médias, partis politiques, du gouvernement ou encore du parlement et de certaines organisations internationales oeuvrant dans le pays.

Le rapport, d’une vingtaine de pages, évalue les principes démocratiques au Burundi sous divers angles, comme la protection et la promotion des droits de l’homme, l’Etat de droit, l’indépendance de la magistrature, la démocratie au sein des partis politiques ou encore la problématique de la liberté d’expression.

Une série des conclusions et de recommandations, entre autre, au gouvernement, aux médias et à la communauté boucle le rapport.

Au chapitre des droits humains, le rapport revient sur le cas qui tient toujours en haleine l’opinion tant nationale qu’internationale de l’assassinat de l’ancien vice-président de l’observatoire de la lutte contre la corruption, les malversations économiques et financières (OLUCOME), feu Ernest Manirumva, dans la nuit du 9 avril 2010 à son domicile de Bujumbura.

Les enquêtes piétinent toujours et la énième commission qui travaille sur le dossier n’a permis à ce jour que trois arrestations de présumés auteurs du forfait dans les milieux d’affaires et de la police nationale.

D’autres cas de violation des droits de l’homme soulevés par le rapport ont également trait à des assassinats politiques ciblés dans différents coins du pays ainsi qu’aux vols à main armée, pillages et destructions méchantes de biens.

La controverse au sujet des travaux communautaires figure également en bonne place des préoccupations des citoyens qui y voient un obstacle à l’exercice libre de leurs métiers (circulation interdite, marchés fermés, etc.)

Le rapport relève également des cas d’obstruction aux activités des partis politiques.

Sur la période couvert par le rapport, les partis CNDD, UPD-Zigamibanga, FRODEBU et MSD ont particulièrement souffert d’obstacles à l’exercice libre de leurs activités dans divers endroits du pays.

La société civile a également souffert de tracasseries administratives dans l’exercice de ses fonctions pourtant apolitiques.

Le 29 mai 2009, plus de 350 associations de la société civile burundaise devaient participer à une marche manifestation après avoir obtenu l’autorisation du maire de la ville de Bujumbura, rappel le rapport à titre indicatif. A leur grande surprise, une lettre du même maire est venue leur signifier le refus de manifester.

Le 29 juin encore, une journée d’information et de sensibilisation de la population sur les consultations nationales pour la mise en place des mécanismes d’une justice transitionnelle organisée par le forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) a été interdite en province de Karuzi.

Le 2 octobre 2009, une retraite de la jeunesse des provinces du nord en vue de l’élaboration de leur code de conduite en période électorale, organisée par la COSOME a été également interdite sous le prétexte qu’elle n’était pas pilotée par le conseil national de la jeunesse. La rencontre sera toutefois autorisée une semaine plus tard.

Dans ses conclusions, le rapport envoi un clin d’œil aux dirigeants et à l’ensemble de la classe politique nationale qui, à l’approche des consultations populaires de 2010, sont appelés à œuvrer en faveur d’élections libres, démocratiques et transparentes au service du développement humain durable.

Quant aux recommandations, la COSOME demande au gouvernement de garantir le respect des principes démocratiques consacrés par les textes fondamentaux de l’Etat, la convention de Bamako et la charte de l’Union africaine sur la démocratie et les élections, de mettre en œuvre le principe de la transparence comme règle de fonctionnement des institutions, impliquer l’ensemble des partenaires dans la gestion des affaires de l’Etat et l’élaboration des textes fondamentaux régissant la vie démocratique, veiller au respect effectif de la liberté de la presse et assurer l’accès équitable des différentes forces politiques aux médias publics, privés, écrits et audiovisuels.

Aux partis politiques, le rapport recommande la poursuite du dialogue avec les autorités burundaises sur la préparation des élections, l’éducation de leurs militants aux valeurs démocratiques et de tolérance politique, le respect du code de conduite et la loi sur les partis politiques en vigueur dans le pays ainsi que la promotion des principes démocratiques dans leur fonctionnement interne.

A la société civile, il a été recommandé l’appui au gouvernement et aux partis politiques la promotion des principes démocratiques et valeurs démocratiques et le respect des droits humains.

La société civile doit également conseiller et critiquer objectivement le gouvernement, les partis politiques au pouvoir et les partis politiques d’opposition.

Aux médias, le rapport recommande de jouer un quadruple rôle de transmetteurs d’informations, catalyseurs de bonne gouvernance, thermomètre des disfonctionnement et garde fous des libertés ainsi que le respect du code d’éthique et de déontologie.

A la communauté internationale d’appuyer le gouvernement, la CENI et la société civile dans leurs actions visant l’aboutissement du processus démocratique, suivre et influencer la mise en œuvre effective des principes démocratiques au Burundi, s’impliquer dans l’appui aux élections libres, régulières et transparentes et sans violences en 2010, avant, pendant et après lesdites élections, contribuer au renforcement des capacités des partis politiques, soutenir les efforts en faveur d’un dialogue structuré et permanent entre les partis politiques.

Le rapport recommande enfin à la communauté internationale de soutenir le déploiement et la formation d’observateurs électoraux nationaux et internationaux, encourager le gouvernement à créer un cadre favorable à l’observation électorale de longue durée.

F.B.

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