BUJUMBURA, 26 jan (COSOME) – Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Pierre-Claver Ndayicariye, a animé lundi une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré que, "dans l’ensemble", l’activité liée au recensement des électeurs se déroule "très bien à travers toutes les provinces et les communes du pays".
Un son de cloche différent est venu le lendemain d’une autre conférence de presse qu’a animée, mardi, le porte-parole de l’union pour le progrès et le développement(UPD-Zigamibanga, opposition), Chauvineau Mugwengezo.
Les faits allégués par le porte-parole de l’UPD sont, notamment, l’octroi de la carte nationale d’identité donnant accès à l’inscription au rôle d’électeur "à la tête du client".
"D’après nos sources d’information contactées sur le terrain, à travers tout le pays, les administratifs à la base livrent les cartes d’identité aux seuls membres du parti au pouvoir en vue d’écarter les partis politiques de l’opposition dans la compétition électorale", a soutenu M. Mugwengezo.
D’un autre côté, la même source a laissé entendre que lle nombre de mandataires représentant le parti au pouvoir a été multiplié par cinq dans certains cas alors que celui des observateurs électoraux de l’opposition autorisés n’est que de deux par bureau d’inscription.
L’autre tricherie serait imputable aux agents de la CENI membres du parti au pouvoir qui ne feraient pas concorder exactement les noms inscrits sur les fichiers à ceux des récepissés donnant droit à la carte d’électeur, à en croire toujours le porte-parole de l’UPD.
Par ailleurs, le début des opérations proprement dites a été caractérisé par un tâtonnement avec comme conséquence des chevauchements que la commission électorale nationale indépendante juge néanmoins "légers", a-t-il encore trouvé à redire.
L’ultime grief soulevé par le conférencier du jour est que les jeunes affiliés au parti au pouvoir provoquent des confrontations liées à l’intolérance politique, notamment au moment où les partis politiques de l’opposition veulent se réunir ou ouvrir leurs permanences.
Le porte-parole de l’UPD est allé à la fin jusqu’à demander à la CENI de "suspendre momentanément" les activités en cours en vue d’amorcer un débat inclusif où les responsabilités seront partagées entre tous les partenaires politiques, le gouvernement, la société civile et la communauté internationale.
F.B.