Bujumbura, le 19 février 2010(COSOME°- Les résultats d’une récente enquête parlementaire sur l’Etat du respect des équilibres exigés par la constitution au sein des corps de défense et de sécurité du Burundi fait ressortir un léger déséquilibre de l’ordre de 3,6% entre les deux principales ethnies des Hutu et des tutsi qui dominent la police nationale du Burundi (PNB).
La constitution en vigueur dans le pays depuis le mois de mars 2005 exigeait qu’aucun groupe ethnique ne devait compter plus de 50% des membres du corps de sécurité.
Au regard des résultats de l’enquête parlementaire, la composition de la PNB tend vers les équilibres reconnus par la constitution du moment que le corps en question est actuellement composé de 51,4% de policiers tutsi contre 47,8% de hutu.
Les données de l’enquête sont par contre décevantes en ce qui concerne la représentation de l’ordre de 0,22% des Batwa(pygmées du Burundi qui pèsent moins de 1% de la population totale du pays) au sein de la PNB.
La représentation de la femme est également « très minoritaire » au sein de la police nationale du Burundi où le corps ne compterait que 331 membres de sexe féminin sur un effectif total de 16.355 personnes toutes catégories confondues, soit un taux moyen de 2% contre 98% pour les hommes.
La répartition des policiers par province d’origine dégage également une inégalité dans la représentation et cela profite encore au sud du pays qui dispose de 28% des officiers d’actif, 22% de brigadiers et 17% d’agents que compte la PNB.
Au chapitre des recommandations, la commission parlementaire d’enquête demande à l’autorité du ministère de la sécurité publique de rester vigilante aux départs à la retraite, aux promotions en grades et fonctions ainsi qu’aux recrutements pour que l’équilibre ne soit rompu dans un avenir proche.
La communauté des Batwa est sous représentée et il faudrait des mesures incitatives pour les amener à adhérer à la PNB.
Quant au déséquilibre géographique, la commission recommande de rapprocher les centres de formation des provinces encore éloignées.
Le fait que les agents féminins soient encore peu nombreux dans les corps de défense et de sécurité pourrait s’expliquer par l’absence de logement adéquat pour les femmes dans les casernes policières.
Une meilleure des missions spécifiquement féminines à la PNB pourrait, de l’avis de la commission, attirer beaucoup plus de femmes dans le corps de la police nationale.
On rappelle que la nouvelle police nationale du Burundi est l’émanation de la fusion des ex-combattants rebelles et gouvernementaux ayant pris une part active dans la décennie écoulée de guerre civile à caractère ethnique.
La PNB actuelle est constituée par un effectif global de 18.210 personnes dont 17.746 policiers et 464 personnels civils ou encore 1.164 officiers, 2.339 brigadiers et 12.852 agents.
La popularité de la nouvelle police nationale reste par contre mitigée du fait de la fréquence d’actes répréhensibles dont certains de ses éléments égarés se rendent souvent coupables, déplore-t-on dans l’opinion.
Composition de la commission d’enquête parlementaire :
Le sénateur Emilien Hakizimana : Président
Le sénateur Clotilde Bizimana : Vice-présidente
Le sénateur Laurent Nicimbeshe : rapporteur
Le sénateur Rénovat Baragengana : Membre
Le sénateur William Munyembabazi : membre
Le sénateur Richard Nimbesha : Membre
Le sénateur Louis Ntureka : membre
Le sénateur Catherine Nzoyisaba : membre
Le sénateur Jean Marie Rugira : Membre
F.B.