Burundi – Elections – Médias
Analyse et validation de six projets de décisions réglementant la couverture médiatique du processus électoral au Burundi
BUJUMBURA, 1er mars (ABP) – Le Conseil national de la communication (CNC) a organisé ce lundi à Bujumbura un atelier d’analyse et de validation de six projets de décisions réglementant l’égal accès des partis politiques aux médias publiques, le pluralisme et l’équilibre de l’information dans tous les médias pendant la période électorale. Ces projets portent sur les principes de régulation de la communication pendant la campagne électorale de 2010, les conditions de l’égal accès des partis politiques et des candidats indépendants aux médias publics pendant les élections communales du 21 mai 2010, les principes de pluralisme et d’équilibre de l’information pendant la campagne pour l’élection présidentielle du 28 juin 2010, les modalités d’organisation des tranches spéciales réservées aux candidats au niveau des médias publics pendant la campagne pour l’élection présidentielle du 28 juin 2010, le respect des principes de pluralisme et d’équilibre de l’information par les médias privés pendant la campagne pour les élections législatives du 23 et 28 juillet 2010, le respect des principes d’égalité, de pluralisme et d’équilibre de l’information par les médias publics pendant la campagne pour les élections législatives des 23 et 28 juillet 2010. Cette rencontre à laquelle participaient les représentants des ONGs regroupées au sein du Plan d’action commun d’aide aux médias (PACAM), les représentants des partis politiques et les responsables des médias, a pour objectif de permettre à tout en chacun de formuler ses observations et recommandations pour enrichir ces projets et de s’en approprier. Dans son discours de circonstance, le président du CNC, Mme Vestine Nahimana, a indiqué que le rôle joué par les médias en période électorale est primordial car les informations diffusées ou publiées sur les élections doivent permettre au citoyen d’opérer son choix parmi plusieurs candidats en compétition. Pour faciliter cette tâche, elle a estimé qu’il est impératif que cet organe de régulation puisse fixer des règles de jeu pendant la période électorale afin de pouvoir s’assurer qu’en vertu de ses dispositions légales, les médias publics donnent une couverture équitable à tous les candidats ou partis politiques en lice. Quant aux médias privés, a-t-elle précisé, les principes de pluralisme et d’équilibre doivent les guider au cours du déroulement de tout le processus électoral. Selon M. Serges Bigirimana, conseiller juridique au CNC, deux principes essentiels à savoir, le principe de l’égalité d’accès et le principe du pluralisme et de l’équilibre de l’information régissent la régulation de l’information en période électorale. Le principe d’égalité d’accès aux médias requiert qu’aucune discrimination ne soit faite entre les partis ou candidats en lice alors que le principe de pluralisme et de l’équilibre de l’information exige qu’en dehors de tout parrainage de l’instance de régulation, les médias publics et privés assurent un équilibre dans le traitement de l’information électorale.
Bujumbura, le 27 février 2010(COSOME)- La Coalition de la Société civile pour le Monitoring Electoral (COSOME) a rendu public, vendredi le 26 février, son second rapport trimestriel de monitoring des principes démocratiques à la veille des secondes élections générales post-conflit des mois de mai, juin, juillet, août et septembre 2010 aux multiples enjeux politiques sécuritaires et sociaux.
Au chapitre de la sécurité, le présentateur et porte-parole de la COSOME, Mohamed Nibaruta, a fait part aux invités de divers horizons socioprofessionnels, comme les parlementaires, les représentants des partis politiques, ceux des médias, du gouvernement et de la société civile, de nombreux cas d’assassinats et de meurtres observés dans la période du rapport.
Aussi, le terrain actuel sur lequel se déroulent les préparatifs électoraux est déjà miné des cas de violation des libertés d’expression, de réunion, et d’association, a-t-il souligné en substance.
A titre illustratif, le présentateur est revenu sur des cas encore plus concrets et qui illustrent à suffisance les menaces qui pèsent sur des élections « libres, démocratiques, transparences et apaisées » au Burundi, en citant le mauvais climat dans lequel s’est déroulé l’octroi de la carte nationale d’identité ainsi que le travail approximatif et tatillon d’enrôlement des candidats électeurs qui n’a pas manqué de quelques cas d’irrégularités et bien d’autres faits et gestes susceptibles d’influer négativement sur le processus électoral global.
Concernant toujours l’insécurité, le porte-parole de la COSOME a déploré le fait que la paix est surtout menacée par les armes qui pullulent encore dans la population et dont les détenteurs sèment la mort et la désolation en toute impunité.
« Chaque jours, semaine et mois apporte son lot de victimes, poussant les observateurs avisés à croire que les vieux démons et réflexes de la guerre civile sont encore en veilleuse et pourraient se réveiller brutalement si des mesures urgentes et adéquates n’étaient pas prises dans les meilleurs délais ».
« Les meurtres sont souvent commis lors des vols à main armée, règlements de comptes dans des conflits fonciers quand les victimes ne tombent pas sous les balles ou explosent dans des attentats à la grenade dans le but d’écarter tout témoin gênant susceptible de dénoncer les forfaits devant les juridictions compétentes », a poursuivi l’orateur du jour.
Au chapitre de la violation du droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association, le rapport de la COSOME attribue cet état de faits aux autorités locales, surtout les administrateurs communaux qui incitent les agents de l’ordre à arrêter les personnes qui ne son pas de la même obédience politique.
De plus, certains militants zélés font la loi et agissent en lieu et place des décideurs administratifs et policiers comme cela s’observe aujourd’hui encore de la part de jeunes militants de partis politiques qui blanchissement des activités aux allures paramilitaires par du sport de masse.
En guise de recommandations, le rapport de la COSOME demande au gouvernement d’œuvrer pour la sécurité générale du pays et faire respecter les droits de l’homme, garantir des conditions impartiales autour des élections, renforcer les activités de désarmement de la population civile, interdire le détournement du sport de masse à des fins politiciennes, faire cesser les entraves au fonctionnement normal des partis politiques par quelques personnes et de quelques manières que ce soient.
A la société civile, il a été suggéré de suivre de près la situation sociopolitique nationale et faire des plaidoyers aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays en vue d’une amélioration générale de la situation avant, pendant et après les élections.
A la communauté internationale d’appuyer fortement tous les efforts des partenaires nationaux qui oeuvrent en faveur des élections libres, transparentes, démocratiques, équitables et apaisées.
A la commission électorale nationale indépendante (CENI), le rapport de la COSOME recommande d’améliorer le dispositif logistique, rester à l’écoute des différents partenaires du processus électoral en vue du bon déroulement des prochaines consultations populaires ou encore de prendre des mesures préventives pour éviter au pays l’escalade des violences électorales.
F.B.