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Sécurité-Burundi- CNIDH

La CNIDH condamne énergiquement le massacre de Gatumba


21 septembre 2011

Bujumbura, le 19 septembre 2011 (COSOME)- La commission nationale indépendante des droits de l’homme(CNIDH) a sorti, mardi, une déclaration dans laquelle elle condamne sans réserve le récent massacre de plus de 40 personnes dans un débit de boisson de Gatumba, une cité touristique des abords du lac tanganyika, à une dizaine de kilomètres de Bujumbura, la capitale du Burundi.

Ci-après, l’intégralité de la déclaration de la commission nationale indépendante des droits de l’homme :

1. Dans la nuit du 18 septembre 2011, aux environs de 19h 45’, une bande de tueurs non encore identifiés a attaqué un bar dit « chez les amis » en zone Gatumba , commune Mutimbuzi en province de Bujumbura.

2. Les assaillants ont fait irruption dans les enceintes dudit bar tuant, par armes blanches, par balles et grenades, des clients qui s’y trouvaient, certains ayant eu la vie sauve pour avoir eu le réflexe de se cacher dans les toilettes.

3. Les informations recueillies par la CNIDH ce lundi 19 septembre 2011, font état de 22 personnes tuées sur-le-champ, dont un enfant et 15 autres victimes ayant rendu l’âme dans quatre hôpitaux à Bujumbura, à savoir Prince Régent Charles, Hôpital militaire, Hôpital Roi Khaled et Centre Médico-chirurgical où les blessés se comptent également par dizaines.

4. Cette attaque survient au lendemain de plusieurs cas d’assassinats ciblés dans certaines localités du pays où des cadavres sont découverts et enterrés sans que, dans la plupart des cas, des enquêtes ne soient diligentées pour élucider les circonstances dans lesquelles les victimes ont été tuées, identifier les auteurs et les poursuivre en justice.

5. La recrudescence de ces violences s’inscrit dans la résurgence des groupes armés qui occasionnent des crimes graves comme celui qui vient de se passer à Gatumba.

6. La CNIDH constate malheureusement que la controverse sur les résultats des élections de mai 2010 a conduit à un climat socio-politique qui n’est pas serein.

Pour toutes ces raisons, la CNIDH :

7. Condamne sans réserve le massacre de paisibles citoyens au bar « chez les amis » de Gatumba ;
8. Condamne avec la même énergie les cas d’assassinats ciblés constatés ici et là dans le pays ;
9. Rappelle que le droit à la vie est sacré et inviolable, et ne peut être sacrifié pour quelque mobile politique que ce soit ;
10. Rappelle également que le Burundi est partie prenante des engagements régionaux et internationaux de protection des droits de la personne que les forces politiques et combattantes sont tenues de respecter.

La CNIDH recommande :

Au Gouvernement :

11. De tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des populations et de leurs biens sur tout le territoire national ;

12. D’arrêter et poursuivre conformément à la loi les auteurs du massacre de Gatumba et des crimes d’assassinat précédents, quelques soient leurs groupes d’appartenance, leurs corps d’origine, leur position politique et cela conformément à la loi.

Aux forces politiques :

13. De promouvoir une culture de paix et de démocratie par un discours de tolérance et d’ouverture, qui bannit la violence verbale ou physique comme mode d’expression ou de revendication politique ;

14. D’encadrer les mouvements de jeunesse affiliés aux partis politiques en les soustrayant aux influences et sollicitations de ceux qui violent les normes et principes de respect et de dignité de la personne humaine.

Aux médias et à la société civile

15. De continuer à informer le public tout en veillant au strict respect du code d’éthique et de déontologie professionnelle particulièrement en cette période de haute sensibilité politico sécuritaire ;

16. De redoubler d’efforts dans l’éducation à la paix, à la tolérance et aux droits de la personne humaine pour une meilleure sensibilité aux droits de la personne et en particulier le droit à la vie sans lequel les autres droits n’existent pas.

17. De continuer à sensibiliser les forces politiques et la population à la démocratie et la bonne gouvernance où le principe de rendre compte et de participation citoyenne constituent les piliers de la stabilité politique et du développement socio-économique.

A la Communauté internationale :

18. De continuer à soutenir le Burundi sur son parcours de consolidation de la paix en cette période post conflit ;

19. De continuer à appuyer le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté dont les résultats escomptés participeraient à la consolidation de la paix et la stabilité politique.

DIDO


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